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Notes bibliques - Page 10

  • POUS, le pied

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    ——Les lignes qui suivent évoquent le mot pous. Mais ce n’est pas le pouce de nos mains. Ce pous là est un mot grec qu’on pourrait transcrire dans notre alphabet latin avec les lettres p.o.u.s et ce mot désigne le pied.

    Un mot de la Bible par
    Dominique Hernandez...

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  • La Bible, un singulier pluriel !

    Du port, aux livres

     ——Il était une fois, sur la côte de l'actuel Liban, un port nommé Guébal mais que les grecs appelaient Byblos.

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    (vue actuelle du port de Byblos, le site archéologique est sur la droite)

    papyrus.png ——A partir de la fin du 2ème millénaire av. JC, les Phéniciens, peuple de commerçants et de marins, y prospèrent. De nombreux produits transitent par Byblos et sont transportés jusqu'aux confins de la Grande Mer. Parmi ceux-ci, le précieux papyrus, une spécialité égyptienne. Avec la tige de cette plante des marais des bords du Nil, les Égyptiens confectionnaient des feuilles servant de support pour l’écriture, dès la fin du 4ème millénaire. Notre mot français ‘papier’ vient d’ailleurs du mot ‘papyrus’, alors même que le procédé de fabrication du papier vient de Chine !

    papyrus_specimen.gif Des siècles durant, le  papyrus d'Égypte transita par Byblos, en particulier vers la Grèce.

    Les Grecs appelèrent donc ces feuilles de papyrus du byblos. C'est-à-dire “le produit venant de Byblos”.


    rouleau-approximatif-de-manuscrit-de-fond-de-texture-de-papier-parchemin-eacute-d-isolement-sur-le-blanc-thumb602305.jpg——Ces feuilles pouvaient être utilisées séparément ou assemblées en longues bandes formant un rouleau, un volumen en latin. Au début de l'ère chrétienne, on commença à relier ces feuilles en cahiers, pour former un livre qu'on nomma codex. Mais rouleau ou cahier, volumen ou codex, les Grecs appelèrent un ouvrage fait de feuilles de papyrus, un biblos ou un biblion.

    ——Ainsi dans la version grecque du Premier Testament les mots biblos et biblion traduisent l’hébreu SéPhèR. (= livre, registre, lettre…). Et les auteurs du Nouveau Testament utilisent ces mots pour désigner leurs œuvres ou d’autres écrits (Matthieu 1,1 ; Marc 12,26 ; Luc 4,17.20 ; Jean 20,30 ; 21,25 ; Apocalypse 3,5 ; 22,18-21). Tous ignorent bien entendu que leur livre se trouvera un jour dans une collection nommée “la Bible”.

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    Du pluriel, au singulier

    ——Les chrétiens des premiers siècles appelèrent naturellement la traduction grecque de la Bible hébraïque, et la collection des livres du Nouveau Testament de la plus simple des façons : ta biblia, “les livres”, parfois ta biblia ta agia ou ai iérai bibloi “les livres saints”. Il était donc clair pour eux qu'il s'agissait d'une pluralité d'écrits. Ainsi, vers 400 ap. JC, Jérôme, le grand traducteur de la Bible en latin parlait encore de cet ensemble de livres comme d'“une bibliothèque divine”.

    ——Comme dans toute bibliothèque, surtout si l’écriture de ses ouvrages s’étale sur près d’un millénaire, leurs auteurs ont des positions différentes quant aux sujets traités. La Bible présente donc en son sein une certaine diversité à propos des grandes questions existentielles de l'humanité, ou des façons de se représenter Dieu. Bien sûr, il ne s'agit pas d'un assemblage hétéroclite, mais au sein d’une relative unité apparaît aussi une grande diversité. Certains livres entrent même en débat avec d'autres.

    ——Au cours des premiers siècles de l'ère chrétienne, la liste des livres retenus dans Nouveau Testament se constitue, et ceux-ci sont adjoints à l'Ancien Testament. C'est aussi la période où l’on adopte progressivement l'assemblage de cahiers pour constituer des codex, les ancêtres de nos livres reliés. Mais c'est aussi et surtout la période où, en Occident, le latin remplace progressivement le grec, la langue commune de l'Antiquité.

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    ——Le latin va alors transposer littéralement le mot grec ta biblia, “les livres”. Mais voilà, ce pluriel biblia, “les livres” est alors compris comme un féminin singulier. Biblia en latin signifie “la Bible” ! C'est le même son, mais en grec c'est un neutre pluriel, alors qu’en latin c'est un féminin singulier. Et voilà notre bibliothèque plurielle transformée en un ouvrage singulier. Bien sûr, il ne s'agit pas là d'une erreur de traduction, mais de l'aboutissement d'un long processus fondé sur la conviction qu’une Parole singulière s'exprime dans les différents livres de la Bible. Une même Parole, certes, mais au travers de plusieurs voix ! Ainsi, respecter la singularité de la Bible, c’est aussi entendre les voix diverses et parfois divergentes qui entrent en débat au sein même de la bibliothèque plurielle qu'elles constituent.

    Patrice ROLIN

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    (l'article ci-dessus est paru dans Paroles Protestantes de janvier 2011)

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    En lien avec cet article, lire :
    BIBLIA, bible (qui développe la note ci-dessus)
    et

     

  • Marie première croyante ?

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    (Marie allaitant Jésus, école flamande fin 15ème s.)

    Un point d’interrogation

    ——Si Marie (la mère de Jésus) est une croyante qui est devenue un modèle pour des générations de croyants et de croyantes pendant des siècles, il faut cependant rappeler que la naissance du christianisme ne correspond pas avec la naissance de Jésus. C’est en effet au moment de la résurrection du Christ que le sens de sa vie se révèle et qu’une identité nouvelle apparaît. Il est, selon l'apôtre Paul,  “... institué Fils de Dieu avec puissance, selon l'Esprit de Sainteté, du fait de sa résurrection d'entre les morts...” (Romains 1,3-4). C’est là qu’on découvre qu’il est Fils de Dieu, alors qu’il s’est lui-même nommé tout au long des évangiles “Fils de l’humain”.

    ——De plus, c’est une autre Marie que choisi le Christ pour se présenter en premier comme ressuscité, Marie Madeleine (Jean 20,11-18). La naissance de la foi se fait pour cette Marie-la face à Jésus ressuscité.

    ——Le point d’interrogation du titre porte sur “première”. En dehors de Marie-Madeleine qui est un modèle de disciple au féminin, d’autres femmes croyantes se manifestent auprès de Jésus, comme Marthe et Marie (Luc 10,38-42) ou la femme au parfum (Marc 14,3-9).

    ——Malgré ces témoignages des évangiles, il  faut cependant reconnaître que l’image de Marie, la mère de Jésus, a été humainement plus forte que les mises en garde que Jésus a exprimées dans sa prise de distance avec le lien maternel (Marc 3,31-35).

     

    Que nous disent les évangiles de la foi de Marie ?
    ————————————————————————Foi en qui ?

    ——De fait, seuls deux évangiles, Luc et Jean, mettent en scène Marie, la mère de Jésus, avec des paroles et des gestes.

    Selon Luc

    ——Luc est le seul à parler de l’épisode de l’annonciation. C’est celui-là qui est généralement invoqué pour mettre en évidence le « oui » de Marie. Allons voir de plus près (lire Luc 1,26-56).

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    (Annonciation, Botticelli)

    ——L’ange Gabriel arrive et lui annonce la faveur de Dieu sur elle. Sa première réaction est d’être “très troublée”. Alors l’ange la rassure et lui annonce qu’elle va être enceinte. A ce moment du dialogue, elle ne dit pas encore « oui ». Elle entend des paroles surprenantes et essaie de les faire entrer dans sa logique humaine. Elle pose alors la question du “comment”.

    ——Si l’on compare avec la stérilité d’Elisabeth et l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste faite à Zacharie dans le temple (Luc 1,5-25), juste avant l’annonce faite à Marie, il suffit que Zacharie pose sa première question « à quoi le saurai-je » pour être réduit au silence par l’ange Gabriel.

    ——Le “comment ?” de Marie fait sans doute écho à l’interrogation des chrétiens auxquels s’adresse l’évangéliste sur le statut particulier de Jésus. L’ange prend donc le temps de lui répondre, et de lui annoncer la grossesse d’Elisabeth, qui vit aussi des choses hors du commun.

    ——Ce n’est finalement qu’après les trois discours de l’ange, que Marie répond : « je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit ». 

    ——Elle se soumet alors aux paroles de l’ange, même si elle ne comprend pas tout. Cette soumission est sa façon à elle d’entrer dans le projet de Dieu.

    ——Sa fidélité et sa foi vont ensuite se manifester au moment du cantique de louange qu’elle prononce auprès d’Elisabeth (Luc 1,39-56). Mais nous remarquons dans ce texte que sa foi va vers le Dieu d’Israël, le Dieu de ses pères et non pas vers celui qu’elle porte. Elisabeth, elle, a l’air d’être déjà au courant, puisqu’elle accueille Marie ainsi : «Comment m’est-il donnée que viennent à moi la mère de mon Seigneur ?».

    —— Pour l’évangile de Luc, la foi de Marie est donc celle d’une jeune fille juive et fidèle à son Dieu. Ensuite, on ne trouve pas dans cet évangile de signe de la foi de Marie envers Jésus. Luc précise simplement à deux reprises qu’elle garde en son cœur tous ces événements (Luc 2,48-52). Elle en cherche le sens, mais le dévoilement n’aura lieu qu’après la résurrection.

     

    Selon Jean

    ——L’évangile de Jean est différent des trois autres en ceci qu’il développe plus longuement le sens théologique qu’il donne aux épisodes du récit. On peut lire cet évangile à plusieurs niveaux : au-delà de l’histoire racontée se dessinent des symboles et des métaphores. Ainsi par exemple, on peut voir dans la “mère de Jésus” (qui n’est jamais appelée Marie) l’ancienne alliance, elle est fille du peuple juif.

    ——L’auteur encadre le ministère de Jésus par la présence de “la mère de Jésus” : aux noces de Cana, et au pied de la Croix. Pour ce dernier événement, Jean est le seul à mentionner explicitement la mère de Jésus à la Croix (Jean 19,25-27). Sa présence est ici hautement symbolique, pour parler du lien et de la continuité entre l’ancienne alliance (Abraham et Moïse) représentée par la mère de Jésus et la nouvelle alliance (en Jésus-Christ) représenté par ”le disciple que Jésus aimait“. 

    ——Mais c’est surtout aux noces de Cana que la foi de Marie va s’exprimer (Jean 2,1-12). La mère et le fils sont ensemble invités à cette fête. En mère observatrice, elle remarque que le vin manque, et en informe Jésus. C’est sans doute à ce moment que la foi de la mère de Jésus s’exprime le plus fortement. Il ne s’agit pourtant pas d’une personne à guérir, d’un pardon à donner, il est simplement question de permettre à la fête la possibilité de continuer avec du vin. Ce repas préfigure-t-il le banquet des temps messianiques ?

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    (Les noces de Cana, Giotto)

    ——Jésus réagit sèchement dans à la relation dans laquelle sa mère le place en l’interpellant comme « Femme » et en insistant sur la distance entre elle et lui : «Qu’y a-t-il entre toi et moi, femme ?». Malgré tout, elle ne se démonte pas et encourage les serviteurs de la fête à obéir à Jésus. Il va agir et accomplir son premier “signe” dans cet évangile. Ce signe est induit par la demande de la mère de Jésus qui ouvre ainsi le ministère de Jésus, lequel se terminera humainement à la Croix. Ce texte nous montre que Marie avait sans doute déjà une place de choix dans la communauté pour laquelle écrit l’auteur.

     

    Selon les Actes des apôtres

    ——Sans pouvoir revenir sur tous les textes où Marie est simplement présente, arrêtons-nous malgré tout sur la présence de Marie dans le livre des Actes (“suite” de l’évangile de Luc). Elle fait partie de ceux qui se sont rassemblés après la résurrection et l’ascension. “Tous sont assidus à la prière” (Actes 1,14) : Marie est là, parmi les autres disciples, et avec les frères de Jésus. Marie, fille du peuple juif, se met à la suite de celui qu’avec d’autres elle reconnaît comme le Messie. Elle est entrée dans la communion des apôtres, de tous les disciples. Elle a fait le même chemin qu’eux. Si, dans son corps, elle sait que celui qu’elle a porté ne lui appartient plus, elle peut avoir confiance que le Dieu de ses Pères, l’a vraiment comblée en faisant d’elle la mère du Messie, le Christ, le sauveur du monde.

    Laurence BERLOT 

    pour le Camp Biblique Œcuménique de Vaumarcus 2010

     

  • Jésus avant JC ?

    ——La Bible de Pommersfelden (11e s.) illustre le récit de Genèse 2 en figurant un personnage représenté comme l’était Jésus-Christ tirant par le poignet une femme (Ève) issue du côté d’un homme endormi. Comment en est-on venu à imaginer ainsi le Créateur sous des traits attribués généralement à l’homme de Nazareth ?

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    (miniature vers 1450) >>pour d'autres images cliquer ici<<

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  • EKCHEUÔ, verser, répandre ...

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    Ekcheuô, est un mot de la Bible, un verbe grec qui signifie d’abord “verser”. C’est un verbe très commun que celui de verser, on l’emploie dans la conversation courante. Mais c’est aussi un verbe qui implique des compléments en plus du sujet, celui qui verse. Qu’est-ce qui est versé ? Dans quoi, où verse-t-on ? A partir de quoi ? Et même comment verse-t-on, goutte à goutte ou largement ? Verser est un verbe qui ne va pas tout seul.

    Un mot de la Bible par
    Dominique Hernandez...

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  • La foi de Jésus-Christ, c'est tout !

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    ——Sauvés par la grâce au moyen de la foi …” Cette affirmation est bien connue. Elle contredit toute croyance selon laquelle l’homme pourrait, par ses efforts ou ses œuvres, obtenir le salut de Dieu. C’est la foi qui fait médiation et non les œuvres. Mais certains passages bibliques présentent une compréhension encore plus radicale de la question. De quelle foi parle-t-on ?

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  • Quel messie était Jésus ?

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    Du temps de Jésus, et en Israël, on attendait surtout
    un Messie libérateur des occupations étrangères.
    Mais “le Christ” fut tout autre chose ...

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