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Esaïe 55 - Ô vous tous qui êtes assoiffés ...

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  Un chemin de méditation à travers Esaïe 55 pour discerner nos soifs,

  nous mettre à l'écoute,

  pour sortir de nous-mêmes ...

 

Avoir conscience de nos soifs : «O vous tous qui êtes assoiffés... » (v.1)

L'interpellation du prophète Esaïe vient creuser en nous la soif. De quoi avons-nous soif ? De sécurité,  de sens, de spiritualité, d'harmonie, d'espérance, de reconnaissance, d'un au-delà, d'élargir sa vie... Si Esaïe interroge notre soif, c'est pour mieux faire entendre la générosité et l'abondance du festin offert : «  Venez vers les eaux, même celui qui n'a pas d'argent, venez! … venez et buvez ! - sans argent, sans paiement -" (v.1)

C'est une invitation large qui ne répond pas à des critères financiers et ne s'intéresse ni au mérite, ni aux efforts. Prenons le temps de discerner nos soifs.

 

Se mettre à l'écoute : «  Ecoutez-moi et vous vivrez  » (v.3)

Comment vivre la joie de ce festin ? L'appel se transforme et invite à l'écoute. Il se fait pressant « Écoutez donc, écoutez-moi...  car le chemin de la soif passe par l'écoute dans le rappel des promesses anciennes, de l'alliance, des bienfaits de David, du Saint d'Israël. Les mots sont connus mais ouvrent une large perspective avec un avenir illimité – l'alliance sera «  pour toujours» (v.3) - et des destinataires qui n'appartiennent pas à un groupe prédéfini - une nation que «  tu ne connais pas  » (v.5) -.

Qui est cette surprenante deuxième personne du singulier qui surgit au milieu de ce discours adressé à un vous collectif ? Le prophète à qui Dieu s'adresse mais aussi le lecteur du chapitre 55 du prophète Esaïe... Ce destinataire ne peut prétendre dessiner les frontières de l'alliance puisqu'il ne connaît pas la nation qu'il appelle et qui accourt vers lui, mais il a une mission : appeler et se tenir comme une sorte de balise pour que la nation puisse courir vers lui (v. 5).

Il ne s'agit pourtant pas d'abandonner l'élan initié : « recherchez, ... appelez le Seigneur » (v.6). C'est dans le mouvement de recherche que le chemin de l'alliance prend sens, dans un mouvement d'interrogation permanente sur ses soifs, sur la façon dont on reçoit l'annonce du festin comme une bonne nouvelle, la façon dont l'alliance et les bienfaits de David répondent à nos diverses soifs.

 

Laisser la Parole travailler en nous : « c'est dans la jubilation que vous sortirez »

Tout au long du texte, il est question de transformation, de la soif en satiété par le festin, du méchant dans le pardon et la tendresse de Dieu, des graines en plantes, de la terre par la pluie, des mauvaises herbes par des plantes plus nobles.

Ainsi, le méchant n'est pas enfermé dans ses actions. « Qu'il retourne vers le Seigneur, qui lui manifestera sa tendresse» (v.7) Les rôles ne sont pas figés car Dieu est caractérisé ici par le pardon et la tendresse, et plus encore par sa surcapacité à pardonner comme le traduit la Traduction œcuménique de la Bible : « notre Dieu qui se surpasse pour pardonner ».

Comme l'eau et la nourriture irriguent et nourrissent des multitudes de cellules dans un processus complexe et vivifiant, les soifs que nous avons discernées, le rappel de l'alliance et la Parole du Seigneur cheminent et viennent insuffler finalement insuffler la vie et nous faire sortir.

C'est alors qu’Ésaïe nous entraîne dans une formidable exultation de joie, à laquelle se joignent toute la création, les arbres et les végétaux.

 

Odile Roman-Lombard, membre du service d'animation biblique de la Région parisienne

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