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Les “Jean” du Nouveau Testament

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Absent du Premier Testament, ce prénom pourtant d'origine hébraïque (Yohnanan) était assez répandu du temps de Jésus. On le retrouve donc à de nombreuses reprises dans sa transcription grecque (Iôannês) dans le Nouveau Testament, de sorte que l’on a bien du mal parfois à savoir de quelle personne il s’agit...

————(St Jean-Baptiste prêchant, Auguste RODIN)

Nous pouvons repérer principalement Jean le Baptiste, Jean le disciple, et un certain Jean qui se présente comme l’auteur du dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse. Enfin, les auteurs du quatrième évangile, comme de trois brèves épîtres ont été identifiés à Jean le disciple par la tradition ultérieure.

• De tous ces Jean, le Baptiste se distingue sans ambiguïté des autres. Venu, disent les évangiles, pour “préparer la venue du Seigneur”, il a probablement pris la tête d’un mouvement contestant les institutions religieuses et politiques. Il est bien possible que certains des disciples de Jésus soient issus du milieu baptiste et que Jésus lui-même en ait été proche. (lire Matthieu 3 et 14,3-12 et // ; Luc 1–2 ; Jean 1,19-34 ; 3,22-30)

Jean l’apôtre, fils de Zébédée et frère de Jacques, est bien identifié également par les évangiles synoptiques (Matthieu 4,21 et //) et par le livre des Actes. Il joue un rôle de premier plan puisqu’il est mis à part, avec Jacques son frère et Pierre, lors de certains moments importants, comme celui de la transfiguration. Au début du livre des Actes, Pierre et Jean sont souvent ensemble (Actes 3–4 ; voir aussi Actes 12,2). Mais on n’entend que Pierre, lorsqu’ils parlent tous les deux !

• Curieusement, l’évangile qui fut attribué à Jean ne parle jamais de ce disciple, fils de Zébédée. Mais il évoque abondamment le “disciple que Jésus aimait" sans jamais le nommer. Ce dernier joue aussi un rôle de premier plan puisque, dans cet évangile, il assiste à la mort de Jésus, au pied de la croix avec Marie qui lui est confiée. Puis, il fait la course avec Pierre pour arriver le premier au tombeau. L’Église a identifié très tôt (avec Irénée de Lyon vers 180 ap. JC) le disciple Jean avec le bien aimé, ce qui est bien vraisemblable. On se demande seulement pourquoi l’évangéliste s’y refuse.

— La question suivante, qui a le plus agité les esprits, est de savoir si l’auteur du quatrième évangile s’identifie avec le disciple du même nom, et présenté comme bien aimé. La tradition de l’Église répond affirmativement en s’appuyant sur Irénée de Lyon et Eusèbe de Césarée. Mais rien aujourd’hui ne permet d’appuyer cette affirmation, même pas le verset (21,24) dans lequel l’évangéliste précise que c’est “le bien aimé” qui témoigne de ces choses. Car cette phrase aurait été ajoutée à l’évangile dans la deuxième moitié du second siècle, comme son attribution au disciple Jean. Cet évangile ayant pris forme à la fin du premier siècle, on voit mal comment un disciple de Jésus pourrait en être l’auteur, même si, sur tous les tableaux de la Cène, il est représenté extrêmement jeune, justement pour rendre plausible l’affirmation. De plus, le langage et la théologie du quatrième évangile sont assez éloignés des paroles de Jésus rapportées par les trois autres. De toute façon, l’étude fine du texte porte à croire que l’évangile de Jean ne résulte pas de l’écriture d’un seul homme, mais que plusieurs auteurs se sont succédé sur plusieurs décennies ; certes ils avaient une forme de pensée  proche appartenant sans doute au même milieu que l’on appelle “johannique”. Cela n’exclut pas que ce groupe de personnes se soit à l’origine constitué autour ou à la suite du disciple Jean.

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(Jean le théologien, icône grecque)

— La théologie des trois épîtres dites “de Jean” paraît être proche de celle du quatrième évangile et pourrait donc provenir du même milieu johannique, mais nous sommes sans preuve. D’autant plus que certains mots ont un sens différent dans l’évangile et dans les épîtres. On discute aussi pour savoir si les trois lettres sont de la même main.

— Quant à l’Apocalypse qui se réfère explicitement à un certain Jean, des différences de style et de théologie entre ce livre et l’évangile font dire à certains que les auteurs ne sont pas les mêmes. Tandis que d’autres s’appuient sur certaines proximités théologiques pour penser le contraire.  L’Église, sur ce sujet a toujours eu  d’ailleurs des positions assez partagées.

Cela fait donc beaucoup de Jean, mais aussi beaucoup d’incertitudes. De fait, en dehors de l’apôtre Paul qui est bien identifié, la plupart des auteurs du Nouveau Testament ne se sont pas présentés. Ils se sont effacés derrière la bonne nouvelle qu’ils proclamaient. Il nous faut donc accepter leur discrétion et continuer à lire et à aimer ces textes sans vraiment en connaître les auteurs.

Henri PERSOZ

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(l'article ci-dessus est paru dans Paroles Protestantes en 2010)

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En lien avec cet article, lire :

L'inconnu du 4ème évangile

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(Jean, le visionnaire de Patmos, enluminure médiévale)

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