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Histoires de cheveux...

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——L'article qui suit évoque un tout petit mot, le mot thrix, au pluriel thrichos. Thrix signifie cheveu ou poil, soit pris par unité, soit pris dans l’ensemble d’une chevelure par exemple.

Un mot de la Bible par
Dominique Hernandez...

——Aujourd’hui, il faut faire de la botanique ou de la médecine pour reconnaître thrix. Les racines grecques ont une large postérité dans divers domaines scientifiques. Pour les botanistes, les thricolomes sont des champignons à lamelles et à large chapeau, comme par exemple les simples mousserons des prés. Les médecins, pour leur part connaissent plusieurs sortes de parasites, des vers ou des champignons dont les noms sont construits sur la racine, thricho, parce qu’en général, ils possèdent une ou plusieurs extrémités très fines, comme des cheveux. C’est par exemple le cas de thrichine un petit vers parasite de l’intestin responsable de la maladie thrichinose. Tout cela ne constitue peut-être pas une évocation très agréable, mais c’est ainsi que thrix n’a pas complètement disparu des dictionnaires français. Ajoutons à ce bref panorama non exhaustif le thrichogramme : examen du cuir chevelu pratiqué pour apprécier l’état des cheveux et l’hyperthrichose, c’est-à-dire un développement excessif de la pilosité chez l’être humain, dont il existe plusieurs causes. Les personnes, homme ou femmes, qui en étaient affectés dans le passé ont longtemps été l’objet de méfiance ou de mépris, qu’on les ait soupçonnés d’être des loups-garous ou qu’on les ait exhibés dans des foires comme des phénomènes sous la désignation “d’homme singe” ou de “femme à barbe”.

——Un homme très poilu, un homme velu, il en est décrit un dans l’Ancien Testament. C’est Esaü, l’aîné d’Isaac et de Rebecca, le frère jumeau de Jacob, né comme “couvert d’un manteau de poil(Genèse 25,15). Tellement velu Esaü que lorsque Rebecca a voulu tromper le vieil Isaac devenu aveugle en faisant passer Jacob pour Esaü afin qu’il recueille la bénédiction de son père, elle a recouvert son cadet d’une peau de chevreau. Ainsi, en touchant les poils du chevreau, Isaac croit que c’est son fils Esaü qui est à ses côtés. C’est ainsi que Jacob vole la bénédiction de son frère, la bénédiction de l’aîné, et doit s’enfuir craignant la colère de son aîné. Les frères se réconcilieront après que Jacob eut combattu avec Dieu au gué du Jabok, mais ne resteront pas ensemble, ils vivront chacun de son côté.

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(Isaac bénissant Jacob, Govert FLINK 1639)

——Poils d’Esaü comme des poils de chevreau. Le poil fait animal, et les modes ou les habitudes réagissent très différemment par rapport à lui. Certaines n’y attachent pas d’importance, d’autres le traquent comme si son existence était une atteinte majeure à l’idéal de la beauté, voire une manifestation d’impudeur.

——Il ne faut en tous cas pas confondre Esaü avec un prophète de l’Ancien Testament. Esaü est velu, les prophètes, eux, sont couverts, revêtus d’un manteau en poils d’animal. Il s’agit du vêtement traditionnel des prophètes. Leur fonction est ainsi indiquée par une façon significative de s’habiller. C’est ainsi que le manteau du prophète Elie joue un rôle important. C’est parce qu’Elie jette son manteau sur le Elisée qui travaillait dans le champ de son père que le jeune homme comprend que le prophète l’appelle à le suivre pour devenir son disciple (1 Rois 19,19). C’est ce même manteau qu’Elisée ramasse lorsqu’Elie est enlevé au ciel dans un char de feu. Et Elisée de refaire le même geste qu’Elie : frapper les eaux du Jourdain avec le manteau roulé… et les eaux se divisent pour laisser un passage à sec (2 Rois 2,1-14).

——Le vêtement caractéristique des prophètes est tellement connu que les cheveux,poil,chevelure,thrix,coiffureévangélistes Marc et Matthieu le reprennent au sujet de Jean le Baptiste, prophète de la charnière entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Matthieu et Marc décrivent Jean avec quasiment les mêmes mots l’un et l’autre : “Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de criquets et de miel sauvage.(Matthieu 3,4). Le vêtement de poils de chameau suffit à identifier Jean avec un prophète. Il s’agit là de la seule occurrence (même si elle est double) où thrix signifie poils (d’animal) dans le Nouveau Testament. (illustration ci-dessus : Jean le Baptiste, El GRECO vers 1600)

——Partout ailleurs dans le Nouveau testament, thrix désigne le cheveu ou les cheveux, même quand cela concerne un genre plutôt monstrueux comme les étrange sauterelles du livre de l’Apocalypse. Voici la description des ces monstres (Apocalypse 9,8), au moment, où dans cette grande vision retentit la cinquième trompette, ces sauterelles se répandent sur terre, nanti d’un pourvoir semblable à celui des scorpions :
——Elles avaient l’aspect de chevaux équipés pour le combat, sur leurs têtes on eût dit des couronnes d’or et leurs visages étaient comme des visages humains. Elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes…
——La description se poursuit dans ce même registre, à la fois en écho aux sauterelles des plaies d’Egypte, mais avec les éléments caractéristiques d’une vision dont le propre est de dire l’indicible, convoquant pour cela des images à la limite de l’imaginable.

——Reprenons alors par l’unité de thrix : un cheveu. C’est une expérience tout-à -fait universelle et banale : un cheveu ne pèse rien, un cheveu ne sert à rien, un cheveu ne compte pour rien. On en perd plusieurs chaque jour, naturellement, en se coiffant, et non seulement on ne sent rien, mais on ne se sent pas diminué de perdre un cheveu. C’est pourtant une partie de soi, une partie du corps et la chevelure, ensemble de tous les cheveux est un élément important de l’apparence. Les cheveux, on les coupe, on les laisse pousser, on les frise ou on les défrise, on les teint, on les sculpte, on les orne. Mais un seul cheveu, ce n’est rien. Tenez, même si on se l’arrache du cuir chevelu, cela ne provoquera ni une grande douleur, ni un grand dommage. Un cheveu pousse sur notre tête, et tombe, mais on ne s’en rend même pas compte. Un seul cheveu, c’est insignifiant. Nous n’investissons pas un cheveu de quoi que ce soit ; la chevelure, si, mais un cheveu, non. Un cheveu, ce n’est pas important, c’est indifférent. Et pourtant, cette unité-là, si infime soit-elle est bien connue des textes du Nouveau Testament.

——Il y a une chose que nous ne pouvons pas faire délibérément avec un cheveu (ni avec l’ensemble de la chevelure d’ailleurs). C’est le faire blanchir avant que ce n’en soit le moment, ou lui rendre sa couleur une fois qu’il est blanc. Même l’expression « se faire des cheveux blancs » n’indique qu’une réaction incontrôlable (et aléatoire) à une situation de stress. La teinture n’est qu’un maquillage qui recouvre la couleur réelle ou la blancheur. Le fond du problème demeure : nous ne pouvons ni faire blanchir ni redonner leur teinte à nos cheveux. Ni même à un seul. C’est ainsi que Matthieu fait prononcer par Jésus cette sentence très parlante : « Ne jure pas non plus par ta tête car tu ne peux en rendre un seul cheveu noir ou blanc.» (Matthieu 5,36) Nous la lisons dans une des antithèses qui suivent les béatitudes dans le discours sur la montagne. La voici :
——« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
——“Tu ne te parjureras pas,
——mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments.”
——Et moi, je vous dis de ne pas jurer du tout :
——ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
——ni pas la terre car c’est l’escabeau de ses pieds,
——ni par Jérusalem car c’est la ville du grand roi.
——Ne jure pas la plus par ta tête
——car tu ne peux en rendre un seul cheveu noir ou blanc.
——Quand vous parlez, dites oui ou non :
——tout le reste vent du Malin.»

——Evidemment : comment celui qui est impuissant sur un seul de ses cheveux convoquerait-il le ciel ou la terre ou Jérusalem ou quoi ou qui que ce soit pour assurer sa parole ? Toute formule de serment grandiloquente n’est que bavardage vain et boursoufflure de l’ego. Seule comptent la justesse et la vérité de la parole donnée, qui se contentent d’un oui ou d’un non, de la simplicité d’un seul mot qui suffit à peser la droiture, l’absence de ruse, d’une personne.

——Si l’être humain est impuissant à changer la couleur de base de ses cheveux, d’un seul de ses cheveux, le dit cheveu n’est alors pas si insignifiant que cela. Il se peut même qu’un seul cheveu dise l’importance de la personne entière, justement parce que le cheveu ne compte pour rien. Ce paradoxe est plusieurs fois exprimé dans le Nouveau Testament. Qu’un cheveu qui ne compte pour rien soit en fait compté signifie que la personne sur la tête de laquelle il pousse compte, elle, infiniment. Matthieu et Luc se retrouvent dans l’association de deux sentences de sagesse en vue de conforter leurs communautés. Voici le passage en question en Matthieu 10,28-31 :
——« Est-ce que l’on ne vend pas
——deux moineaux pour un sou ?
——Pourtant, pas un d’entre eux ne tombent à terre
——indépendamment de votre Père.
——Quand à vous, même vos cheveux sont tous comptés.
——Soyez donc sans crainte :
——vous valez mieux, vous que tous les moineaux. »

L'évangéliste Luc, lui, augmente les chiffres (12,6-7) :
——« Est-ce que l’on ne vend pas
——cinq moineaux pour deux sous ?
——Pourtant, pas l’un d’entre eux n’est oublié de Dieu.
——Bien plus, même vos cheveux sont tous comptés.
——Soyez sans crainte,
——vous valez mieux que tous les moineaux. »

——Deux ou cinq moineaux, un ou deux sous, le résultat est le même : Dieu ne néglige aucune créature, si petite soit-elle comme un moineau, et les disciples qui ont beaucoup plus de valeur n’ont pas à craindre d’être abandonnés ni oubliés. Tous les cheveux de chaque disciple sont comptés, chaque cheveu est compté, c’est-à-dire qu’un disciple est tellement précieux pour Dieu que rien de ce qui le touche, même la perte d’un cheveu, n’est ignoré. Par ces deux exemples des moineaux et des cheveux, Matthieu et Luc invitent les disciples à se confier à la providence de Dieu, ils cherchent ainsi à assurer des communautés en proie à l’hostilité et à des persécutions. Luc poursuit dans la même veine plus loin dans son évangile lorsque Jésus dit à ses disciples (Luc 21,17-18) :
——« Vous serez haïs de tous à cause de mon nom,
——mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. »

——Pas un cheveu, un de ceux qu’on perd sans  s’en apercevoir, n’est oublié, dédaigné. L’adversité, l’hostilité, le mépris que rencontrent les disciples n’affectent pas le regard que le Seigneur pose sur eux. La haine leur fait perdre plus qu’un cheveu, mais elle ne leur fait rien perdre de la fidélité de Dieu. C’est ce à quoi ils sont invités à s’accrocher pour tenir bon dans les persécutions.

——Toujours cette même assurance, toujours sous la plume de Luc, mais dans le livre des Actes cette fois, dans un récit mettant en scène le naufrage du navire transportant Paul à Rome. Paul est prisonnier il est transféré à Rome pour y être jugé comme citoyen romain pour les troubles suscités par sa présence à Jérusalem. Dans le récit de Luc, l’apôtre est accompagné de quelques frères. Le voyage est long, les vents contraires, les escales parfois empêchées par le mauvais temps. Aux abords de la Crète, une grande tempête, un véritable ouragan s’abat sur le navire. Pendant plusieurs jours et nuits, mais il est difficile de distinguer les uns des autres sous un ciel d’encre moire, le bateau dérive, balloté par les vents et les flots. La situation des passagers devient critique et ils finissent par perdre espoir. Sauf Paul. Une première fois il exhorte ses compagnons de traversée à garder courage :
——« un ange du Dieu auquel j’appartiens
——et que je sers s’est présenté à moi et m’a dit :
——Sois sans crainte, Paul,
——il faut que tu comparaisses devant l’empereur
——et Dieu t’accorde aussi la vie
——de tous tes compagnons de traversée !”
——Courage donc, mes amis ! » (Actes 27,23-25)

——Au quatorzième jour de tempête, le navire approche d’une côte, de nuit. Le bateau est mis à l’ancre et Paul encourage encore équipage et passagers :
——« Je vous engage donc à reprendre de la nourriture,
——car il va de votre salut.
——Encore une fois,
——aucun d’entre vous ne perdra un cheveu de sa tête. »
—————————————————————————(Actes 27,34)

——Dieu tient ses promesses. C’est ainsi que tous finissent par toucher terre, sur l’île de Malte, dans des circonstances périlleuses, mais tous sains et saufs. Vous connaissez l’expression “ne tenir qu’à un fil” ; et bien c’est dans un cheveu que tient la personne toute entière, et sa vie. La plus insignifiante des parties dit le tout, témoignage de l’extrême attention que Dieu porte à l’apôtre et à ses compagnons.

——Pendant une tempête comme celle-ci, il n’est certes pas possible d’admirer dans le ciel la chevelure de Bérénice, une constellation de trois étoiles située à proximité (vue de la Terre) de la celle de la Grande Ourse. Cette constellation a été ainsi nommée en hommage à une reine d’Egypte, Bérénice II, qui, au 3ème siècle av. JC, a offert, selon la légende, sa magnifique chevelure à la déesse Aphrodite en remerciement du retour de son époux d’une campagne militaire. Mais dans la nuit, la chevelure disparut du temple et pour apaiser la colère du roi, l’astronome de la cour annonça que la déesse avait tellement apprécié cette offrande qu’elle l’avait emportée et placée dans le ciel.

——Les cheveux d’une femme peut inspirer un poète, mais aussi, symbole privilégié de la féminité, elle peut inspirer mépris et répulsion et même devenir un moyen d’humiliation. On se souvient de ces femmes dont les cheveux furent rasés à la Libération parce qu’elles ne s’étaient pas tenues à distance de soldats allemands. Dans le bassin méditerranéen au premier siècle, les femmes se doivent d’avoir des cheveux longs et de porter un voile sur leur chevelure, symbole de leur statut mineur. L’apôtre Paul le rappelle aux Corinthiennes enthousiastes et échevelées dans quelques lignes un peu embrouillées à vrai dire de la première épître aux Corinthiens. Le mot thrix est absent de ce texte, mais il nous aide à situer un peu la question de la chevelure, désignée par un autre terme grec (1 Corinthiens 11,5-6 et 13-16) :
——“Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue
——fait affront à son chef (l’homme) ;
——car c’est exactement comme si elle était rasée.
——Si la femme ne porte pas de voile,
——qu’elle se fasse tondre !
——Mais si c’est une honte pour une femme
——d’être tondue ou rasée, qu’elle porte un voile. (…)
——Jugez par vous-même :
——est-il convenable qu’une femme prie Dieu
——sans être voilée ?
——La nature elle-même ne nous enseigne-t-elle pas
——qu’il est déshonorant pour l’homme
——de porter les cheveux longs ?
——Tandis que c’est une gloire pour la femme,
——car la chevelure lui a été donnée en guise de voile.”

——Ce n’est pas très clair, l’embarras de l’apôtre est perceptible dans ce raisonnement pour le moins alambiqué. Si la chevelure de la femme lui est donnée en guise de voile, pourquoi rajouter encore un voile par-dessus la chevelure ? Qu’est-ce que c’est que cette ‘nature’ dont Paul se réclame soudain, ou ce sens du ‘convenable’ qu’il appelle au secours du discernement ? Nous n’irons pas plus loin en ce qui concerne ce texte qui éclaire néanmoins le rapport des hommes à la chevelure des femmes.

——L’auteur de la première épître de Pierre est plus assuré lorsqu’il exhorte les femmes chrétiennes au sujet de leur apparence. Pour lui, celle-ci est directement ordonnée à la foi :
——Que votre parure ne soit pas extérieure :
——cheveux tressés, bijou d’or, toilettes élégantes ;
——mais qu’elle soit la disposition cachée du cœur,
——parure incorruptible d’un esprit doux et paisible,
——qui est d’un grand prix devant Dieu.”    (1 Pierre 3,3-4)

——Que l’apparence soit le reflet de la disposition d’esprit, que la simplicité de la coiffure et de l’aspect général des femmes témoigne de celle du cœur. Voilà qui est plus clair que l’accumulation d’arguments disparates de la lettre de Paul aux Corinthiens !

——Que la chevelure coiffée et couverte désigne une femme convenable, voilà une opinion que partagent les convives du repas organisé par le Pharisien Simon. Tous sont bien d’accord sur le fait qu’une femme “en cheveux” selon une expression qui n’a plus vraiment cours aujourd’hui, cette femme n’est pas une femme honnête. Encore moins si elle se sert de ses cheveux pour essuyer les larmes qu’elle verse sur… les pieds de Jésus. Qui lui, ne trouve rien à y redire. C’est au chapitre 7 de l’évangile de Luc qu’on peut lire ce merveilleux récit du pardon versé en abondance pour une femme qui se savait pécheresse. Elle fait irruption pendant le repas auquel Simon a convié Jésus, pour en savoir un peu plus sur ce personnage :
——Apportant un flacon de parfum en albâtre,
——aux pieds de Jésus,
——elle se mit à baigner ses pieds de larmes ;
——elle les essuyait avec ses cheveux,
——les couvrait de baisers
——et répandait sur eux du parfum.(Luc 7,38)

——C’est tout, pas un mot. Mais cela suffit pour que Simon et ses invités s’indignent intérieurement de ce que Jésus se laisse toucher par cette femme indécente, impudique, pécheresse. C’est tout, tout est là. Tout son amour, tout son repentir, toute sa reconnaissance, tout son désir de vivre, toute sa confiance. Et il en faut, oh comme il en faut pour s’exposer ainsi aux regards, aux jugements, pas tant ceux des Pharisiens que celui de Jésus, celui qui peut la relever de sa triste condition sans espoir, elle, la femme méprisée, la femme perdue. Alors elle parle avec ses gestes, avec son corps, avec son offrande de parfum et de larmes ; elle s’exprime avec ses cheveux dénoués, déployés comme le tissu à la fois le plus humble et le plus précieux pour essuyer les pieds de Jésus. Elle avoue sa condition et son espérance à travers le langage le plus juste et le plus profond qui soit pour elle, à ce moment-là. Et Jésus entend bien, Jésus comprend bien :

——« Tes péchés ont été pardonnés » lui dit-il.

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(Le repas chez Simon, Dieric BOUTS  le vieux env. 1440)

——Dans l’évangile de Jean, on peut lire un récit parallèle, où Marie de Béthanie oint de parfum les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux, geste d’hommage à un roi, mais qui préfigure également les soins prodigués aux corps des morts.

——L’une et l’autre femme aux cheveux dénoués outrepassent les convenances et les traditions sociales et religieuses. Mais ce n’est ni par provocation, ni par protestation féministe, mais par une protestation de foi, quand la vérité des êtres et des relations déborde des formes et vient enfin au jour. Même les cheveux à travers une image ou par leur matière, peuvent participer à cette expression.

Dominique HERNANDEZ

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L'article qui précède est le texte de l'émission
“Un mot de la Bible” sur Fréquence Protestante 100.7 FM
du samedi 12 mars 2011.

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