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Qoumrân à la BNF

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Saviez-vous que la Bibliothèque nationale de France possède cinq cent soixante dix-sept fragments de manuscrits de Qoumrân et qu’il n’y a jamais eu en France d’exposition qui leur soit consacrée ?

Plus de centre trente pièces exposées, découvertes dans les grottes de la mer Morte, dont certaines fort rares, vont combler ce retard pour les curieux et amoureux de la Bible. On savait par des témoignages de l’Antiquité et du Moyen Âge qu’il y avait des manuscrits hébreux dans des grottes près de Jéricho, mais sans précision de lieu dans une région où les falaises sont criblées de grottes. En 1947, deux Bédouins trouvent à Qumrân sept rouleaux de cuir écrits en hébreu ; les archéologues se mobilisent, dont le père dominicain Roland de Vaux, qui vendra de façon tout à fait légale, des fragments de manuscrits à la Bibliothèque nationale pour pouvoir poursuivre ses recherches. Jusqu’en 1955, on tirera de onze grottes des dizaines de milliers de fragments provenant de quelque neuf cents manuscrits.

La découverte est inouïe, un rêve de bibliste et d’archéologue : il y a là, dans des jarres, des manuscrits anciens de la Bible ainsi que des œuvres jusqu’ici inconnues et tout un ensemble sur une communauté religieuse contemporaine de Jésus ; la plupart des manuscrits sont écrits en hébreu, d’autres dans un dialecte araméen.

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Un Isaïe ancien

Près de deux cent cinquante manuscrits reproduisent des livres qui composent aujourd’hui notre Bible ; leur grand intérêt est d’avoir été écrits entre le 3ème siècle avant notre ère et le 1er siècle de notre ère alors que jusqu’alors les plus anciens manuscrits dataient du Moyen Âge. Imaginez l’émotion devant un rouleau du prophète Isaïe, de mille ans plus ancien que celui que nous connaissons. D’où apparaissent des différences, propres à discussion de spécialistes. D’autres textes ont été exclus par la suite de la Bible : ces « apocryphes » concernent des personnages et des thèmes proches de ceux des textes canoniques (Genèse, Josué, Samuel, Rois) et ils sont si nombreux qu’on peut penser que le choix n’était pas encore définitif à l’époque où ils furent écrits.

À peu près un tiers des manuscrits concerne cette communauté qu’on a commencé par rattacher aux Esséniens et qu’on hésite maintenant à identifier. Deux documents sont révélateurs : L’Écrit de Damas qui relate la fondation de la communauté, la persécution et l’exil de son fondateur, et le Rouleau du Temple qui donne les interprétations des commandements de la Torah par les sages de cette communauté. Les objets trouvés, en particulier par le père de Vaux, sont assez abondants pour se faire une idée de la vie quotidienne à Qumrân – et alimenter le débat sur l’origine des habitants.

Le rouleau mystérieux

Encore une énigme, ce rouleau de cuivre est unique, différent d’écriture, de langue et de style des autres manuscrits et il recense soixante lieux disséminés en Judée, à la façon d’une carte aux trésors. Voilà qui ajoute à la saga des découvertes de Qumrân. Mais quel trésor ? celui de la communauté, celui du premier Temple de Jérusalem, détruit par Nabuchodonosor, ou celui du second Temple ? Et si ce trésor était la Bonne Nouvelle annoncée en Judée !

Élisabeth Hausser

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Qoumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

du mardi au samedi (10h-19h), dimanche (13h-19h)

Bibliothèque nationale de France/François Mitterrand

Grande Galerie – Quai François Mauriac, Paris 13e
M° Bibliothèque F. Mitterrand et Quai de la Gare
Entrée 7 € et 5 €. Gratuite pour les - de 18 ans
Rens. 01 53 79 49 49 ; www.bnf.fr

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(l'article ci-dessus est paru dans Paroles Protestantes de mars 2010)
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