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Sauvés... de quoi ?

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Comme d'autres,
judaïsme et christianisme
sont des “religions de salut”.
——« Viens vite à mon secours,
——Seigneur, mon salut !
»
s'écrie le psalmiste (Psaume 38,23),
mais de quoi sommes-nous donc sauvés ?

Dans la Bible, l'intervention salutaire de Dieu, le ‘salut’, renvoie souvent à l'idée d'une délivrance individuelle (Psaumes 18,4 ; 54,3 ; 57,4 ...) ou collective (Exode 14,13 ; Esaïe 49,8 ; Habaquq 3,13 ...) vis-à-vis de périls guerriers. C'est que le mot hébreu pour ‘salut‘ vient du langage militaire : il s'agit d'être dégagé de la menace pressante d'un ennemi. Dans une telle situation, où tout semble perdu, le salut ne peut venir que de l'extérieur. Mais c'est parfois un humain que Dieu envoie pour sauver (Juges 3,9.15).
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—————————————Au secours !!!»)
Le salut renvoie donc par essence à une altérité, contrairement, dans une autre littérature, au baron de Münchausen tentant de s’arracher des marécages dans lesquels il s’enfonçait en se retenant lui-même par les cheveux, contrairement aussi au "sauve-toi toi-même” lancé à Jésus par les railleurs au pied de la croix (Marc 15,30-31).
Par extension, cette notion de salut s'étend à la délivrance d'autres périls et dangers : l'oppression, la famine, la maladie, voire le mal de vivre (Psaume 88,2)... Elle s'étendra même à l'art de bien gouverner (Proverbes 11,14), un sens que l'on retrouve dans le monde gréco-romain dont plusieurs souverains s'attribueront le titre de “Sauveur”.

Dans le Nouveau Testament, cette fonction de “Sauveur” se concentre sur Jésus (Luc 2,11 ; Jean 4,42 ; Philippiens 3,20 ; 2 Pierre 1,1 …) ; mais la notion de salut est plus intériorisée voire spiritualisée comme pardon ou délivrance du péché, encore que le verbe grec pour ‘sauver’ renvoie aussi à l'idée de guérison, signalant ainsi que toute la personne est concernée par ce salut. On notera que, hormis dans la lettre aux Romains (5,9) et et la 1ère aux Thessaloniciens (5,9), le vocabulaire du salut n’est pas mis en relation avec la colère de Dieu ou le jugement dernier.

Au gré de ses aspirations et de la conscience de ses limites, chacun(e) trouve dans les témoignages bibliques, les bonnes nouvelles qui le font vivre. Voici donc une réponse parmi d'autres, à la question-titre :

Sauvé de la peur ...
——N'aie pas peur, car je t'ai racheté.
——Je t'appelle par ton nom, tu es à moi !

————————————————————(Esaïe 43,1b)

Dans cette parole, j'entends qu'un droit de vivre m'est donné sans avoir peur d'éventuels créanciers, sans avoir à me soucier de quelque culpabilité à porter. Une identité m'est donnée en dépit de ce que je suis, sans que j'aie à craindre le regard des autres ou l'insignifiance.
Sauvé de quoi ?
——De la peur de ne pas être aimé, de ne pas exister !

Sauvé de l'aliénation ...
——C'est pour la liberté que le Christ nous a libérés.
——Tenez donc ferme
——et ne vous remettez pas sous le joug de l'esclavage.

————————————————————(Galates 5,1)
Dans le prolongement de l'Exode, Paul lit la mort et la résurrection du Christ comme le lieu d'une libération, une libération des logiques aliénantes du monde. Une libération redoublée, une liberté qui ne s'abîme pas en esclavage d'elle-même, mais qui apprend chaque jour à devenir plus libre.
Sauvé de quoi ?
——De la quête sans fin d'une liberté déjà donnée.

Sauvé de soi-même ...
——Quiconque voudra sauver sa vie la perdra,
——mais quiconque perdra sa vie à cause de moi
——et de la bonne nouvelle la sauvera.

————————————————————(Marc 8,35)
Une libération jamais complète que celle du souci de soi, mais une libération qui ne cesse de nous déployer, de nous réorienter vers l'extérieur, vers le large.
Sauvé de quoi ? Sauvé de moi-même
——pour m'ouvrir aux autres, au monde, à la vie.

Une expression pourrait résumer tout cela : “être élargi”, “mis au large” ... Etre mis au large de la peur et pouvoir vivre dans la confiance, être mis au large de l'esclavage et pouvoir vivre dans la liberté, être mis au large de moi-même pour pouvoir m'ouvrir aux autres, à l'Autre ...
——Pour moi, aujourd’hui, c'est cela être sauvé. Et pour vous ?

Patrice ROLIN

(l'article ci-dessus est paru dans
La Voix Protestante en 2008)

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En lien avec cet article,
on pourra lire les notes
Sain ou sauf ?
et
La vie éternelle, c'est pour quand ?
et les propositions d'anmations bibliques
Passer de la mort à la vie ...
et
Du Shéol à la résurrection

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