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La vie éternelle, c’est pour quand ?

08972a35bf6694826020cdb70893e86c.jpgEspérance pour l’au-delà de la vie terrestre, pour l’après du jour du jugement et du retour du Christ, ou promesse pour la vie des vivants sur terre, la vie éternelle parle-t-elle d’un autre temps que le nôtre ou d’une autre qualité de notre temps ?

Icare,
Henri MATISSE, 1943?/47)

Les textes bibliques déploient cette notion de vie éternelle dans des directions, des temps différents.

Une récompense à venir pour les justes

Dans l’Ancien testament, la vie éternelle est évoquée dans peu de textes, des textes tardifs, au livre de Daniel (Daniel 12,2) et dans le deuxième livre deutérocanonique(1) des Maccabées (2 Maccabée 7,9). Elle y représente clairement la vie promise aux justes morts dans la fidélité au Dieu d’Israël, vie accordée après le jugement de Dieu dont le premier geste aura été de réveiller (ressusciter) les morts. Il s’agit donc d’une récompense qui sera donnée dans le futur de la fin des temps, mais qui s’inscrit d’ores et déjà comme une espérance capable de soutenir la foi des croyants, notamment face aux persécutions dont ils sont victimes.

La part des disciples

Une telle conception de la vie éternelle trouve des échos dans des textes du Nouveau Testament, particulièrement dans les évangiles synoptiques. Les trois récits parallèles de la rencontre de Jésus avec l’homme riche s’appuient sur cette compréhension, tout en la transformant. (lire Marc 10,17-31)

La question posée à Jésus : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » désigne le souci de l’homme quant à son salut. La réponse de Jésus et l’explication qu’il donne par la suite à ses disciples mentionne l’élément de la récompense attribuée dans le monde à venir, le monde nouveau, celui du Royaume de Dieu. Cependant, plus que l’ajout d’un commandement nouveau (donner ses biens aux pauvres), l’interpellation « Suis-moi » indique nettement un décentrement de soi vers Jésus et les autres, un décalage du souci de l’avenir à l’attention au présent, une véritable désorientation.

Quittant la voie de la perfection dans l’obéissance à la Loi, le disciple empruntera celle de la confiance en marche.
De même que l’entrée dans la vie éternelle est équivalente à l’entrée dans le Royaume, la présence de Jésus est le signe de la proximité du Royaume. L’attente de l’avenir est alors équilibrée par le maintenant de la conversion et de la fidélité du disciple. C’est donc dans l’attachement à Jésus que se joue l’accès à la vie éternelle ; c’est en marchant à la suite de Jésus que se découvrent la libération de toute autre puissance, et le salut.

Un don pour aujourd’hui

L’évangile selon Jean va creuser cette voie d’une manière beaucoup plus radicale. De tous les livres du Nouveau Testament, c’est celui dans lequel le thème de la vie éternelle tient la plus grande place. C’est aussi celui dans lequel les réponses aux questions de savoir ce qu’est la vie éternelle, quand et comment en vivre, sont les plus claires.
——« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle »
————————————————————————(Jean 3,36)
L’affirmation revient dans plusieurs discours de Jésus, sous cette forme ou d’autres :
——« La vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul vrai Dieu,
——et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.
»
————————————————————————(Jean 17,3)
L’espérance de la vie éternelle est recueillie dans le présent de la foi. Il n’est plus question de récompense ni d’héritage à venir, mais d’entrer dans la vie éternelle, la vie en abondance (Jean 10,10), dans le même temps où l’on se confie au Père et au Fils.
Cette compréhension de la vie éternelle est conjointe et cohérente à la conviction de l’évangile quant au jugement. En effet, celui-ci n’est pas reporté au jour du retour du Fils, mais il se produit au jour de la rencontre avec le Christ, dans la réponse de foi que l’être humain donne, ou pas.
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———————————La gerbe, Henri MATISSE 1953
—————(affiche de l'exposition “Henri Matisse, une seconde vie”)


Que la vie éternelle soit comprise comme accomplissement présent ou à venir de la vie du croyant dans la foi, elle est pour les auteurs du Nouveau Testament un don de Dieu en Christ, un don de la grâce et de l’Esprit de celui qui, devant la mort, se tient toujours du côté des vivants.

Dominique HERNANDEZ

(l'article ci-dessus est paru dans
La Voix Protestante de avril 2008)


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