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Entre mythes et réalités ...

Comment s'articulent les histoires racontées par la Bible Hébraïque, et l'histoire de l'Israël ancien telle que la reconstitue les archéologues et les historiens modernes ? Cette nouvelle série propose parcourera cette question en sept étapes :

Introduction : Histoire et histoires
1. Le temps du mythe :
————les origines

2. Le temps des récits légendaires :
————les patriarches

3. L’autre mythe :
————l’Egypte et le désert

4. Le temps de l’histoire :
————des juges et des rois

5. Une révolution lente :
————la victoire du yahvisme, Josias

6. Le traumatisme fondateur :
————l’Exil et le monothéisme

7. Le temps de la religion :
————le retour et la naissance du judaïsme

Conclusion : vrai ou faux ?

Une nouvelle série de notes proposées par Jean-Paul Morley.
Elle poursuit le cycle La Bible, ... quelle Bible ? du même auteur

 

Introduction : Histoire et histoires

L’histoire d’Israël est connue : c’est elle que raconte la Bible, l’histoire d’un petit peuple issu de trois patriarches, Abraham, Isaac et Jacob et des douze fils de ce dernier, vers le 18ème siècle avant notre ère ; réduit en esclavage au cours de quatre siècles en Egypte, délivré par Moïse et quarante années d’errance au désert, où il reçoit la révélation du dieu unique et de sa Loi ; structuré en Etat brillant et puissant par ses trois premiers rois, Saül, David et Salomon au 10ème siècle, affaibli par un schisme le divisant en deux royaumes, Samarie au nord, Juda au sud avec Jérusalem ; finalement brisé par les puissances assyrienne vers -722 et mésopotamienne en -587 et emmené en Exil, mais revenant 50 ans plus tard en Palestine pour y donner naissance au judaïsme ; qui lui-même sera le berceau de Jésus de Nazareth, que les chrétiens appellent le Christ.
Mais cette histoire est justement qualifiée de sainte, non seulement parce que le Dieu du monothéisme puis celui du Christ s’y révèlent, mais parce qu’elle est elle-même tissée de mythes, c'est-à-dire de récits fondateurs chargés de sens.

L’histoire réelle, au sens des historiens modernes, de ce petit peuple, coincé entre les deux super-puissances historiques du Moyen Orient que sont la Mésopotamie et l’Egypte (lire la note La Palestine de l'Antiquité), ces deux anciennes civilisations qui ont les premières inventé l’écriture (entre 3200 et 3000 ans avant notre ère), est sans doute très différente, et beaucoup plus modeste. Mais peut-être non moins signifiante.
Peut-on tenter de la reconstituer ? Sans doute (voir la chronologie historique)(1). Mais ce travail, qui tente un partage entre le mythe et le réel, remet en questions tant de certitudes tirées de la Bible et de la foi qu’il ne peut s’opérer sans douleurs ni résistances. Les pages qui suivent et qui essaient cette reconstitution ne peuvent donc être lues que par qui ne craint pas d’en voir sa foi déstabilisée … Et en tout cas ses éventuels souvenirs de catéchisme !
Mais comment les chrétiens ne seraient-ils pas les premiers à vouloir connaître et comprendre la réalité de leur propre héritage, l’histoire qui fonde leur foi ?

1. Le temps des mythes : les origines
(Genèse 1 à 11)


La création, Adam et Eve, Caïn et Abel, Noé, Babel … Ces récits peuvent être considérés comme historiques, chacun à le droit d’y croire de façon littérale. Mais au moins dans la forme et l’esprit, il s’agit de mythes, comparables à ceux des autres civilisations, et comportant en particulier de nombreux parallélismes avec les civilisations antérieures du Moyen-Orient ancien.
Ils n’offrent de toute façon aucun repère historique, et leur seule datation se fonde sur l’addition des âges des personnages. Selon ce comptage, nous en sommes aujourd’hui, en l’an 2007, à l’année 5767 après la création du monde …
Quelques événements historiques se laissent toutefois deviner en arrière-fond de ces mythes : raz-de-marée dévastateurs pour Noé, Ziggourat de Babylone pour la tour de Babel …
C’est précisément parce qu’il s’agit de mythes que leur densité et leur signification symboliques sont si fortes. Un mythe n’a pas pour fonction de raconter l’histoire, mais d’approcher, au travers d’un récit, une réalité essentielle que les mots ne peuvent décrire.
Le but de leurs auteurs n’est pas d’apporter une connaissance scientifique, mais d’aider le lecteur à situer son existence dans un cadre qui la dépasse. C’est la raison d’être des récits, qu’on peut à juste titre appeler d’origine, que rapporte la Genèse.

Jean-Paul MORLEY

Note :
(1) Il ne s’agit bien entendu que d’hypothèses rationnelles, fondées sur la recherche archéologique, les connaissances historiques et la linguistique, telles qu’elles se pratiquent parmi les biblistes et telles que j’en ai bénéficié à l’Institut protestant de théologie de Paris.

—o0O0o—
Lire la suite de cette série :
2. Le temps des récits légendaires : les patriarches

On lira aussi avec intérêt l'article suivant :
MUTHOS, récit, fable, mythe... par Patrice Rolin

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