Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La Palestine de l'Antiquité, une région et ses habitants

Pour mieux comprendre une histoire, une culture, il est important de connaître la géographie du pays qui les a vu naître. La Bible ne fait pas exception. Voici donc une brève introduction à la Palestine de la haute Antiquité.

medium_Croissant_fertile_carte1.2.png
Au cœur du “Croissant Fertile” (Mésopotamie - Syrie - Phénicie - Palestine - Egypte), au croisement de trois continents, la Palestine se présente comme une étroite bande de territoire entre la mer Méditerranée à l'Ouest et la vallée du Jourdain à l'Est.(voir une comparaison frappante avec deux départements français)

Au Nord, au niveau de la Galilée, il y a à peine 50 km entre la mer et le Jourdain, au Sud dans le Negev il y a environ 100 km de la Méditerranée à la mer Morte. Par ce “couloir” Nord-Sud, les marchandises, les idées, les épidémies et les envahisseurs circulent par deux routes principales, à l'Ouest la route côtière le long de la Méditerranée (la Via Maris), et à l'Est, la Voie Royale le long du désert d'Arabie, et, au centre, une route secondaire : la Route des Crêtes.

Géographiquement la Palestine présente deux types de reliefs qui influencent profondément le type d'implantation humaine et le destin historique de ces deux ensembles :

1. Les Plaines côtières de Sharon et de Philistie
se prêtent par leur sol et leur climat à la culture céréalière et maraîchère ; la mer et le grand axe de communication nord-sud, la route côtière de Damas au Caire (la Via Maris), offrent un débouché commercial à ces productions et ouvrent largement cette zone au monde méditerranéen. Une telle situation favorise l'unification de la population en même temps qu'elle rend celle-ci très perméable aux influences étrangères.
medium_Routes_commerciales.2.jpg

2. Les Montagnes de Samarie et celles de Judée bordées au sud par le Négèv désertique, sont moins favorables à la culture de par leur sol et leur climat ; l'absence de nappe d'eau souterraine rend cette activité entièrement dépendante des moindres fluctuations climatiques. Les petits plateaux et plaines intérieurs sont cultivés ainsi que les flancs des montagnes aménagés en terrasses, mais cette culture permet juste de nourrir une population limitée. Ces régions sont tournées vers l'élevage des chèvres et des moutons.

Une telle situation contribue au morcellement de la population : dans les livres bibliques, les Israélites ne connaissent qu'un nom pour désigner les habitants des plaines installés avant eux, les Cananéens, mais au moins six noms pour les populations des montagnes (voir Deutéronome 7,1 et Josué 3,10 ; 11,3 ; 13,2-7). Une grande stabilité des sites d'implantation caractérise cette zone.
Malgré la Route des Crêtes qui permet de joindre Beth She'an au Nord à Beer-Sheva dans le Négèv (= Sud), cette zone montagneuse est moins concernée par les échanges commerciaux et culturels Nord-Sud, et elle est quasiment coupée du monde méditérranéen occidental. En revanche, les rapports commerciaux ou culturels (parfois conflictuels) sont très développés avec les tribus semi-nomades et nomades qui occupent les bordures des déserts d'Arabie (le long de la Voie Royale, à l'Est de la vallée du Jourdain), du Sinaï et de Paran (au Sud). Hébron et Beer-Sheva sont précisément des hauts lieux traditionnels qui témoignent de passages anciens. Dans ces zones, le passage du semi-nomadisme à la sédentarisation (et vice-versa) est courant en fonction de l'avance ou du recul du désert et des conditions de sécurité politique.
medium_Carte_physique_Palestine-HR.3.jpg

Le contraste est donc sensible entre les plaines côtières et les zones montagneuses, pourtant il existe des régions intermédiaires où ont lieu des contacts plus ou moins conflictuels, c'est le cas des collines de la Shephelah (et des vallées E-O qui les traversent), des monts du Carmel et de la plaine de Yizréel.

La zone centrale montagneuse, malgré son morcellement, constitue une entité dans laquelle les différentes populations ont beaucoup en commun ; il est significatif à cet égard de noter que les hauts-lieux de pèlerinages comme les capitales successives des petits royaumes de cette région se situent le plus souvent sur la voie de communication nord-sud qu'est la Route des Crêtes : Beth - She'an, Tirça, Sichem, (Samarie un peu à l'Ouest), Béthel, Jérusalem, Hébron, Beer - Shéva, Qadés - Barnéa.
Au 8ème siècle avant J.C., la population totale des petits royaumes d'Israël et de Juda, qui occupent cette zone, est estimée par les archéologues entre 200 000 et 250 000 habitants

Patrice ROLIN


Le texte et certains documents ci-dessus
sont extraits du parcours biblique
“Le pouvoir et le sacré”,
un dossier proposant de travailler une douzaine de textes
des livres bibliques de Samuel et des Rois,
et offrant des guides de lecture ainsi que de nombreuses fiches
faisant le point sur une question particulière.
Il est disponible en version papier auprès du
Service biblique de la Fédération Protestante de France.

Les commentaires sont fermés.