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Terre conquise, terre d’asile, terre promise

Aujourd’hui, le lecteur éclairé qui ouvre la Bible y lit simultanément deux histoires : celle qu’il trouve telle quelle dans les pages du Livre, immuable mais réputée mythique par les savants et les historiens, et une autre, sérieuse et digne de crédit mais qui change tout le temps : la réalité passée telle que les historiens la reconstituent. Vient-il un moment où ces deux histoires se rejoignent ? Telle est la question que se pose le lecteur, surtout quand il est croyant.

medium_DSCN3147.3.JPGQuant à moi, aujourd’hui je raconte la Bible à l’état plus ou moins brut : l’histoire que le Livre récite. La Bible n’est pas un livre de recettes mais on ne peut pas s’empêcher d’en faire une lecture “utilitaire”. Et dans cette optique, la personne qui va chercher dans ce texte la norme de ses rapports avec l’étranger, celui qui vient d'ailleurs, se prépare de grands moments de perplexité ...

Une intervention de Jean-Pierre Molina lors de la journée biblique
du 3 février 2007 à Grenelle sur le thème “Intégration-Exclusion”

1. Contradictions dans le texte :
nationalisme armé et hospitalité inconditionnelle


L’histoire biblique est faite d’un va et vient entre exil, exode et terre promise. Et d’une hésitation entre rêve de stabilité et amour du nomadisme ; hospitalité en souvenir du temps où l’on était soi-même étranger et détermination belliqueuse à protéger un territoire fait d’hectares de pays et d’un certain art de vivre ensemble sous le regard de Dieu, qui s’appelle l’Alliance.
La loi ordonne de respecter la liberté de l'étranger :
Tu n'exploiteras ni n'opprimeras l'immigré
———————————————(Exode 22,20 et 23,19)
La justice sera la même
pour l'immigré et l'autochtone

———————————————(Lévitique 24,22)
et même ...
Vous aimerez l'étranger comme vous-mêmes
———————————————(Lévitique 19,34)
... c'est-à-dire quelques versets après le fameux
tu aimeras ton prochain comme toi-même” !
———————————————(Lévitique 19,18)
Pourtant c'est bien lui que l'on emploie de préférence comme esclave après l'avoir acheté aux “païens (goyim en hébreu) d'alentour” ou parmi leurs clans installés en Israël (Lévitique 25,44-45), car, à la différence des “frères, enfants d'Israël”, les païens “vous pourrez les asservir à perpétuité” (Lévitique 25,46). Et puis, il y a bien pire pour la sensibilité de l’humaniste christianisé : tous les récits de conquête sanguinaire du livre de Josué et, jusque dans le Deutéronome, ces passages qui appellent à traiter les 1ers occupants de la terre promise selon le principe de l’interdit (= ‘éradication’, ‘purification ethnique’ … les traductions modernes de cette pratique ne manquent pas) ou ceux qui décrivent la reprise en main du pays par les rapatriés de Babylonie (voir par exemple Néhémie 13).

Contradiction surprenante, donc, entre des paroles admirables d’hospitalité et des propos de pure xénophobie.
Dans la Bible on trouve tout, de la Bible on peut tirer n’importe quoi ? C’est en tout cas ce que répètent les gens qui ne la lisent pas. Je voudrais contribuer ici à défaire cette impression. Assurément la réponse que le peuple de la Bible apporte à l’étranger n’est pas une. Mais l’étranger lui-même, pose-t-il une question simple ?

2. Comment l’étranger m’a posé des questions
—————qui m’ont personnellement coincé
—————dans la contradiction biblique


J’ai, avec ma famille, habité pendant plus de 15 ans des centres paroissiaux construits au milieu des ‘HachéLèMes’.

Résumé d’une de ces expériences :
Quartier des Buis (à Montbéliard) – paradis rêvé, no man’s land réel. Humble paradis des constructeurs de “Sam’ suffy” gâché par le voisinage non désiré d’étrangers ignorant toute règle de vie commune dans un quartier dont ils ne sont nullement citoyens ; paradis Peugeot promis aux nouveaux prolétaires venus du Portugal, de Yougoslavie, du Maghreb, de Turquie … pour préparer la robotisation puis leur propre éviction : mirage. Quartier détruit sur tous les plans. Discours surréaliste des associations humanitaires situées au Centre-ville. Idéalisme des thèmes ecclésiastiques du moment (“N’ayez point de peur”, et “Vous êtes étrangers et voyageurs ” au lieu de : “Ne restez pas seuls” et “Les autochtones c’est vous, conduisez vous en conséquence” …). Solitude du pasteur de fond renvoyé aux textes rugueux qui montrent Moïse arrachant les Hébreux à la terre d’esclavage ou Gédéon repoussant les pillards étrangers : l’hospitalité est un art, il ne suffit pas pour accueillir l’immigrant de se laisser marcher sur les pieds surtout s’il s’agit de se laisser marcher sur les pieds des autres !

Une autre expérience vécue, Grenelle et les Sans-papiers :
Le jour de la grande fête dite ‘Braderie’ de la Mission Populaire, des clients disciplinés, originaires de tous les pays étaient réunis rue de l’Avre (à Paris). Il se produisit soudain un bruit énorme comme celui d’une révolution, qui ameuta tous les voisins et tous les clients. C’était une foule de Sans Papiers sur qui l’Esprit du Seigneur s’était abattu pour les envoyer au Foyer de Grenelle annoncer l’évangile du Lévitique où il est écrit “Tu aimeras l’étranger comme toi-même”. Et ils disaient : “Nous venons requérir votre protection et nous savons que vous n’appellerez pas les flics ”.
Tout autour d’eux les gens disaient : «On comprend rien, même les Arabes n’entendent plus les Arabes, les noirs de chez nous ont peur des black de la manif et ces Chinois ont passé 10 ans en France sans parler un mot de Français : vraiment c’est la Tour de Babel. Ainsi un esprit de confusion du Seigneur régna pendant deux jours au Foyer de Grenelle. Et la Pentecôte tardait à se produire ...»
Mais après ces deux jours, miraculeusement, les envahisseurs et les gens de la maison tombèrent d’accord pour vivre ensemble le temps qu’il faudrait. A partir de cet instant l’Esprit et quelques membres du Conseil du Foyer inspirèrent au pasteur une lettre qui toucha le coeur de le communauté attachée au Foyer, et les messages de solidarité se mirent à affluer. Les gens qui d’habitude se disputaient pour des questions de préséance ou des problèmes de subvention se retrouvaient unis la tête dans l’épopée, les pieds dans la politique des Droits de l’Homme. Et les croyants louaient Dieu et prophétisaient en disant : «Merci Seigneur de nous avoir envoyé les “SanPap” : depuis qu’ils sont chez nous nous arrivons à nous entendre entre nous.»
———(article paru dans le bulletin du Foyer de Grenelle en mai 1998 ;
————paraphrase du récit de la Pentecôte dans le chapitre 2 des Actes)


Conlusion :
Passé le moment où les envoyés du Ciel ont failli casser la baraque, c’est un peu de Royaume de Dieu sur terre que les sans papiers du 3ème collectif nous ont fait vivre. Parce qu’ils savaient ce qu’ils voulaient ; parce que nous savions qui nous étions : quand on se trouve confronté à l’urgence d’accueillir la misère du monde, il y va de la survie des accueillis et des accueillants, alors pour exercer l’hospitalité il faut exister. Il peut arriver, c’est vrai, que l’hospitalité nous donne de l’existence. Mais cest toujours ce tandem – accueillir, exister – qu’il faut équilibrer.

3. Étranger en danger et étranger dangereux

Le premier étranger qu'Israël subisse, c'est Pharaon qui convertit en esclaves captifs les hébreux réfugiés par motif économique sur le sol égyptien. Contre cet étranger-là, les hébreux vont devenir le peuple de l'alliance avec Dieu-seul-pouvoir-absolu :
Écoute, Israël,
Le Seigneur notre Dieu est le seul seigneur

———————————————(Deutéronome 6,4).
Je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai fait sortir
du pays d'Egypte, de la maison de l'esclavage

—————————————————(Exode 20,2)
Face au monarque d'Egypte, les hébreux deviennent eux-mêmes étrangers à ce que sa seigneurie représente, de sorte que plus tard, lorsqu'à leur tour, ils demanderont un roi “comme les païens” Dieu dira «C'est moi qu'ils rejettent : ils ne veulent plus que je règne sur eux.» (1Samuel 8,5-9).
Tel est le conflit : il oppose Israël, peuple dont Dieu seul est le souverain, à tous les royaumes voisins dont l'organisation sociale en forme de pyramide est dominée par un monarque de droit divin, sommet d’une hiérarchie de corps intermédiaires entre le monde des dieux et celui des tâcherons chargés de nourrir toute la sainte clique. Constamment ce modèle étranger menacera l'autonomie du peuple hébreu. D’abord parce que les Hébreux craignent de s’amollir au contact des religions et du mode de vie étrangers jusqu’à perdre la foi au Dieu sans intermédiaires et retomber en esclavage ; ensuite parce que l’existence d’un peuple qui ne reconnaît la légitimité d’aucun pouvoir absolu ne peut être tolérée sans risquer d’inspirer ici et là un fâcheux esprit d’insoumission. Et au long de son Histoire mouvementée l’Israël biblique passera interminablement de périodes de résistance armée (voir le livres des Juges) à des moments de ruine suivie d’exil (en -721 et -587 av. J.C. …et en 70 ap. J.C.). Plusieurs fois détruit ce peuple aurait dû disparaître, chacune de ses renaissances, il l’attribue à ce qui fait son identité : la parole de ses prophètes et la fidélité de son Dieu. Israël se méfie des nations étrangères parce qu’il se sent lui-même étranger à toutes les nations.
(voir la chronologie historique de l'Israël biblique)

Le second étranger qu'Israël rencontre, c'est celui qui vient à lui les mains nues et lui rappelle ses ancêtres errants et étrangers, comme Abraham disant aux Hittites :
«Je vis avec vous en émigré et en hôte de passage.»
————(Genèse 23,4 ; voir aussi Nombres 9,14 ...)
L'alliance avec le Dieu de l'Exode est pour ces hommes-là ; il ne faut pas qu'Israël les reçoive comme l'Egypte a traité ses pères et comme, plus tard, l'Assyrie et la Babylonie recevront les captifs du peuple. D'où les lois qui protègent l'étranger, dont nous avons pu entrevoir déjà la générosité et la finesse : il faut lire et relire à ce sujet Exode 12,49 ; 20,10 ; 22,20 ; 23,9 - Deutéronome 10,17 à 22 ; 16,11 à 14 ; 24,9 à 21; Lévitique 19,33-34 ; 24,22 ; 25,33 à 35 ... et tant d'autres commandements et tant de paroles prophétiques pour constater à quel point l'attention portée aux proies de l’exclusion, l'étranger, la veuve et l'orphelin constitue l'une des principales voies d'approfondissement et d'appropriation de l'obéissance à la Loi. Le Deutéronome désigne ce mouvement par l'expression “circoncision du coeur” qui dit clairement : l'obéissance formelle n'est rien sans conversion de la volonté - or, sur le chemin de cette conversion, on rencontre toujours les mêmes témoins :
Vous circoncirez donc votre cœur, vous ne raidirez plus votre nuque, car c'est le Seigneur votre Dieu qui est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, l'impartial et l'incorruptible, qui rend justice à l'orphelin et à la veuve et qui aime l'immigré en lui donnant le pain et le manteau.————(Deutéronome 10,16-18) (1)
Et régulièrement, ces appels sont ponctués par le célèbre
——Souviens-toi que tu as été toi-même étranger et esclave
——(Exode22,20 ; 23,9 - Deutéronome 5,15 ; 10,19 ; 26,5 ...)
De ces dispositions idéologiques le territoire d'Israël reçoit concrètement un statut exceptionnel et subversif : celui de terre d'asile pour esclaves en fuite (Deutéronome 23,16-17) ! Car au fond il s’agit de ne pas finir par être soi-même l'Egypte de quelqu'un. Et comment y parvenir, sinon en s'efforçant de demeurer étranger dans son propre pays ?
———... car le pays est à moi, vous n'êtes chez moi
————————que des étrangers et des hôtes.

——————————————————— (Lévitique 25,23)
Et, en hébreu érètz, “le pays” se dit “la terre”. Toute la terre ...?
Ceux qu’unit le pacte avec le Dieu des sans-dieux, ceux-là sont étrangers sur toute terre parce que toute la terre appartient à un seul maître. Mais comme ce maître est leur Dieu ils sont en promesse citoyens de toute la terre.
La terre où l’on s’installe appartient à l’Autre qui toujours de près ou de loin représente le droit des autres.
De sorte que toute terre est toujours en même temps donnée et promise et que le lieu où l’on habite ne mérite d’être aimé que lorsqu’il est en même temps l’image et l’amorce d’un territoire spirituel. Voir Hébreux 11,13 et 1Pierre 2,11 :
C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises mais après les avoir vues et saluées de loin en se reconnaissant étrangers et voyageurs sur terre.
Ces raisonnements ne sont pas des détournements humanistes des textes anciens mais la poursuite d’une ligne d’approfondissement qui s’y déroule depuis toujours, voir Deutéronome 26,5 (ou l’inoubliable Deutéronome 8,3).
Après tout la plus frappante contradiction à propos des étrangers ne se trouve-t-elle pas dans ce verset du Lévitique qui, après avoir distingué le ‘frère’, dont la liberté ne peut être définitivement aliénée, et l’étranger qu’on a le droit d’asservir sans rémission, conclut :
Si ton frère s'appauvrit jusqu'à perdre son indépendance envers toi, tu le soutiendras même s'il est immigré ou résident temporaire, afin qu'il puisse survivre à tes côtés
—————————————————(Lévitique 25,35)
Dans l'ensemble, on peut donc expliquer le mélange de nationalisme féroce ou puritain, et d'hospitalité à toute épreuve qu'expriment les textes bibliques, par le problème particulier que l'étranger pose aux hommes du Pacte : résister à l'étranger corrupteur ou dominateur qui s'interpose entre Dieu et le peuple, et pourtant avoir “la même justice pour l'étranger et pour le citoyen” car tel est précisément le sens du Pacte :
———Un même Défenseur pour tous les sans-dominateur.
Assurément, une telle réflexion provoque entre les textes de la Bible un dialogue souvent conflictuel, mais la leçon qui en découle est claire : j'ai affaire à deux sortes de comportement étranger : celui d'hôte et celui d'envahisseur. Deux ou peut-être trois races d'étrangers : celui qui a faim de ma soupe, celui qui me la vole, celui qui crache dedans. Ces distinctions sont plus opérantes que celles de la couleur de la peau.
À la Bible on fait dire n’importe quoi ? Oui, à condition de la tronquer. (2)

4. Citoyens sans papiers d’un pays en papier

Il existe un moment où l’histoire biblique et l’Histoire des historiens se rejoignent : c’est la fin du 1er siècle de notre ère. La table des matières de la Bible juive est close et les livres qui composeront le futur Nouveau Testament sont écrits. Or au même moment le peuple de la Bible n’a plus de pays car les Romains ont détruit Jérusalem et chassé tout ce qu’ils n’ont pas tué, Juifs orthodoxes ou Juifs chrétiens. À partir de maintenant l’espace national du croyant, c’est la Bible et sa terre promise, le monde.
Cette situation constitue un aboutissement de la contradiction biblique au sujet de l’étranger, un rebondissement de la parabole qui, d’Abraham au dialogue de Jésus avec la Cananéenne, s’affine et s’approfondit : un territoire restreint pour un peuple nombreux comme le sable des plages, le peuple de tous les sans dieux ni maître…

Idéal nomade et embourgeoisement avancé
Le débat n’est pas clos, il est fait pour rester ouvert, comme la Bible l'est elle-même : Jésus de Nazareth lui-même se garde bien d’effacer la tension existant entre nationalisme juif et universalisme : il préfère l’accomplir dans une utopie, c’est-à-dire un rêve constructeur qu’il appelle ‘Royaume de Dieu’. Le Royaume de Dieu est ce territoire spirituel qui tient dans les pages d’un Livre et le cœur d’un enfant, et en même temps il est capital qu’il corresponde à tout moment à des endroits réels ou quelque chose de réel se passe.

Muni de son territoire biblique portatif le Chrétien est chez lui partout et étranger dans toutes ses installations. Théoriquement. En fait, il est toujours plus l’un que l’autre bien sûr ! En particulier, pour le citadin chrétien soigneusement garé des voitures, donner une réalité à l’affirmation “nous sommes étrangers et voyageurs sur cette terre” n’est pas possible sans allées et venues entre évangile et loi, générosité prophétique et réalisme populaire. Car pour accueillir il faut exister. Et choisir entre responsabilité et hypocrisie. Nous pouvons en effet nous contenter de jouer les casse-pieds professionnels qui prônent la priorité des sans-papiers en laissant à nos adversaires les tâches de basse police. Nous pouvons aussi entendre l’appel des migrants et celui des gens qui ne voyagent pas. Et leur écho biblique : La terre promise n’est pas un no man’s land, elle a des règles de vie. Mais le respect de notre territoire spirituel ne relève pas de la rétraction et de la répression car il s’agit de défendre des valeurs qui nous défendent. Et c’est sur elles qu’il faut refaire alliance entre nous si nous voulons ne pas avoir peur comme ceux qui ne savent pas pour quoi ils se battent.

medium_DSCN3140_1.JPGDans nos manières d’être ensemble, en tant que Français et Européens, à quoi tenons-nous, pouvons-nous aujourd’hui nommer des institutions, des habitudes, des acquis dont l’abandon s’apparenterait à un reniement de nous-mêmes ? Ce qu’on appelle perte des repères est-il si avancé que notre peuple ne sait plus quoi défendre ni à quoi se raccrocher, ce qui expliquerait peurs et crispations ?
———Quel est notre territoire ?
——————Quelles sont les valeurs qui nous relient ? (3)

Jean-Pierre MOLINA


Notes ————————————————————————————————

(1) De Deutéronome chapitre 10, il faudrait analyser tout le passage qui va du verset 10 au verset 22. Et observer cette construction en soufflet qui part du cœur de l’homme (v.12 ), s’élargit à l’infini de Dieu (“les cieux des cieux”) pour aboutir au trio des oubliés, veuve, orphelin et étranger, avant de reprendre la dimension cosmique d’un peuple nombreux comme les étoiles du ciel (v.22). Une telle structure ne signifie-t-elle pas : pour accomplir la plus humble justice il faut toute la force du monde mais aussi : le cœur - le plus petit territoire possible – contient tout ça. Et, puisqu’il s’agit de définir un pays, il est à la fois Israël, petit entre les empires, et contrée inconnue capable de contenir toutes les constellations.

(2) Il faudrait aussi parler des moyens d’intégration, tels le mariage (d’où le rôle stratégique de la répudiation), l’esclavage, l’adoption, la solidarité sociale contre les risques de paupérisation, la participation à la Pâque…

(3) Moi je dis : liberté, égalité, fraternité - et œcuménisme qui est le nom dynamique de la laïcité. Ces valeurs forment un territoire sur lequel il ne faut pas céder. Elles nous défendent plus que nous ne les défendons. Elles m’ordonnent de reconnaître à quiconque le droit de trouver asile chez moi. Elles définissent le minimum commun qui permet de passer du “vivre chez nous ” au “vivre avec nous”. Elles doivent s’imposer à quiconque veut vivre parmi nous faute de quoi il se place hors notre alliance et ne peut s’appeler citoyen.


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Sur biblique.fr lisez une suite de cette réflexion :
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Dans la rubrique “Miettes de CRAB” voir aussi les articles
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XÉNOS, étranger (par Norbert Adeline)
Et huit animations bibliques proposées par la Cimade sur le thème :
“Vous aimerez l'étranger qui est parmi vous" (Deutéronome 10,19)

Pour voir l'album photo de la session biblique du 3 février
avec Jean-Pierre Molina et Corinne Lanoir, cliquer ici.

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