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Le diable existe-t-il ?

La question se pose aujourd'hui justement où il semblerait qu'on ne croit plus ni en Dieu, ni au diable alors que d'autres revendiquent le titre de satanistes. Que découvre-t-on dans la Bible ?


Le diable : une évidence.
Quand je lis le Nouveau Testament (N.T.), il me semble qu'il n'y a qu'une réponse possible : le diable existe ! En effet sous différents noms (diable, Satan, prince des démons, Beelzéboul, Béliar, le mauvais), nous le retrouvons dans presque tous les livres du N.T. Des textes nous présentent Jésus directement confronté avec le diable (la tentation : Mc 1,13s), ainsi que Paul selon son interprétation (1Th 2,18; 2,Co 12,7), les disciples indirectement à travers les démons (Lc10,17-18) et les humains dominés par les démons et esprits impurs.

Dieu tout-puissant.
Pourquoi le diable, qui est si présent dans le N.T., l'est si peu dans l'A.T. ? Le mot satan (l'accusateur, l'adversaire, combattre, harceler) n'apparaît que dans quelques livres tardifs (Zacharie, 1 Chroniques, Job, Psaume 109, Nombres 22,22 & 32 : l'ange de Dieu est sujet du verbe traduit par "barrer" dans la Tob). A une époque ancienne les actes mauvais comme les actes bons étaient attribués à Dieu sans problème. En 1 Samuel 18,10-12 Dieu est à l'origine du mauvais esprit qui envahit Saül et il est avec David pour éviter qu'il ne soit cloué au mur par la lance de Saül. L'attribution du mal au Dieu d’Israël apparaît au moment où le peuple le considère comme son seul Dieu. En conséquence, cette divinité unique pour le peuple prend les fonctions de toutes les divinités du polythéisme, donc aussi de celles qui incarnent le mal.

Le diable : un ersatz.
A un moment donné, il ne devient plus possible de continuer à attribuer le mal à Dieu : quand, parmi les plus fidèles de Dieu, certains subissent de grands malheurs, les croyants sont déconcertés; il n'est pas possible que Dieu en soit l'auteur. La personne de Satan surgit dans cette culture pour dire d'où provient le mal. J’en trouve la trace dans deux textes (2 Samuel 24,1s & 1 Chroniques 21,1s) qui racontent la même situation mais là où le texte le plus ancien avait Dieu comme acteur provoquant le mal, le texte le plus récent a mis Satan à la place de Dieu. D'une certaine manière, on revient à une répartition des rôles présente dans le polythéisme, sauf que le monothéisme ne peut plus être remis en cause et la personne de Satan, du diable n'est qu'une figure qui concrétise la notion de mal. En remontant à cette origine, je ne peux que penser que le diable n'a jamais réellement existé.

Le diable peut-il disparaître ?
Ce qui n'a jamais réellement existé peut induire des effets dans notre réalité car la figure du diable est bel et bien présente dans la culture. Notre société a commencé à prendre de la distance avec cette figure, extérieure à nous, qui devient dangereuse quand elle est utilisée pour qualifier ses propres adversaires que l'on diabolise (diabolos : celui qui divise). Des mentions dans le N.T. incitent à penser que la figure du diable est intérieure à tout être (Mt 8,31-32 ; Mc 9,25-26 ; Jn 13,27 ; Ac 5,3). Cette figure intérieure désigne la faculté qu'a l'être humain à se laisser dominer par les pulsions du mal et à les laisser s'exprimer hors de lui. Le diable existe potentiellement et c'est à chacun de l'empêcher d'exister, de sortir de soi. Le diable est tapi au fond de ton être; toi domine-le ! (d'après Genèse 4,7).

Guy Balestier-Stengel


(article paru dans La Voix Protestante de novembre 2005)

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