« Christianisme primitif (3) | Page d'accueil | Service biblique de la Fédération Protestante de France »
09 novembre 2005
Les objectifs de l’animation biblique
Faut-il rappeler que la Réforme, et toute la tradition protestante met la lecture de la Bible au cœur de la vie spirituelle de chaque chrétien, et au centre de la vie, du message et du culte des Eglises ? Cette lecture individuelle et communautaire est au cœur de notre foi : il s’agit de permettre à chacune et à chacun de vivre pleinement sa foi et de prendre la place qui lui revient dans l’interprétation de la Bible.
Bien sûr, la Bible est lue tous les dimanches au culte, et la prédication veut faire entendre l’actualité de la parole de Dieu pour la vie de chacune et de chacun. Mais cette prédication est adressée de la part de Dieu aux fidèles qui l’écoutent de façon passive (même s'ils peuvent à l’occasion être interpellés ou impliqués plus directement). L’animation biblique est donc un complément indispensable à la prédication. Elle permet à chacun de devenir acteur du travail d’interprétation qui, en théologie protestante, revient à tous. L’animation biblique n’est ni concurrente, ni alternative de la prédication, elle est, à côté de celle-ci et de la lecture individuelle, une autre manière essentielle de mettre la Bible au cœur de la foi et de la vie de chacun.
L’objectif premier de l’animation biblique pourrait être formulé ainsi :
d’entrer dans un dialogue producteur de sens
avec le texte biblique et avec les autres.”
Chacun des termes de la formulation ci-dessus est important :
- Chaque participant à l’animation biblique (et idéalement tous les fidèles et même les non paroissiens) devrait pouvoir être concerné par l’animation biblique et actif dans son déroulement en y apportant ses questionnements et son expérience particulière.
• Il s’agit d’un dialogue, et non d’un monologue :
chacun devra pouvoir parler et écouter.
• Ce dialogue ne vise pas d’abord à résoudre des problèmes,
à apporter de la connaissance, mais à donner du sens à ce que chacun vit, et peut-être à ouvrir de nouvelles possibilités de compréhensions de l’existence personnelle, de la foi, de l’Eglise, du monde.
• Dans ce dialogue, il y a trois partenaires :
- celui qui participe à l’animation biblique qui apporte ses questions, son expérience, sa compréhension du texte ;
- le texte biblique qui doit avoir la parole, être étudié sérieusement, et respecté dans son altérité ;
- les autres participants à l’animation biblique qui ont chacun leurs questions, leurs expériences et compréhensions du texte.
L’animateur a la tâche de permettre ce dialogue triangulaire. Il peut y apporter sa pierre, mais il ne doit jamais se substituer ni aux paroles indispensables des participants, ni au texte biblique. Même, (et surtout) s’il est pasteur, l’animateur n’est pas là pour faire passer son message, son savoir, sa compréhension, mais pour permettre que le dialogue ait lieu, pour que des découvertes se produisent. L’animateur est au service du texte et du groupe (et non l’inverse !) : dans la lecture approfondie du texte, il peut guider le groupe, apporter des informations, aider à rectifier des interprétations exclues par le texte, bref, aider le texte à avoir la parole au sein du groupe ; mais s’il sait d'avance où le groupe doit aboutir à la fin de la démarche, quelles actualisations, quels engagements ou quels nouveaux regard sur la vie le texte doit permettre, alors, il vaut mieux qu’il fasse une prédication, une conférence ou un cours.
L’animateur a donc un rôle indispensable et difficile. Contrairement à la prédication où l’orateur est maître de la façon dont il va étudier et interpréter le texte, puis l’actualiser et composer son message, dans l’animation biblique, l’animateur doit à la fois avoir très sérieusement travaillé le texte, avoir prévu une démarche et des méthodes qui permettront le dialogue avec le texte, mais il doit en plus être à l’écoute des participants, des remarques inattendues, des questions qui surgissent, des silences qui s’installent, …
Même bien préparée, l’animation n’est jamais complètement écrite d’avance. Il faut être prêt à de l’improvisation, ce qui ne veut pas dire, qu’on peut s’improviser animateur. L’animation biblique nécessite un apprentissage permanent : la connaissance et la pratique de méthodes, bien sûr, mais aussi et surtout la connaissance du groupe, et de soi-même. En effet, même si les méthodes et les ‘recettes’ sont utiles, le principal outil de l’animateur c’est lui-même.
L’animation biblique est donc à la fois une tâche indispensable, exigeante, et passionnante.
Patrice ROLIN
09:45 Publié dans Outils et Animations | Lien permanent | Envoyer cette note




